« Rewilding Europe œuvre à restaurer la nature sauvage à grande échelle en Europe, d’une manière bénéfique à la fois pour la nature et pour les populations. Nous travaillons à amplifier la régénération des écosystèmes sur l’ensemble du continent en réintroduisant des espèces clés et en supprimant les obstacles d’origine humaine, afin de permettre aux processus naturels de s’épanouir. Notre mission est de démontrer qu’une Europe plus sauvage est non seulement possible, mais aussi essentielle pour bâtir une société résiliente face au climat, saine et prospère. »
Face à l’artificialisation des territoires, Rewidling France a pour objectif de rétablir la fonctionnalité des écosystèmes en laissant la nature s’autoréguler, et en restaurant les processus naturels de la biodiversité.
Dans les Alpes du Dauphiné, soit un territoire d’environ 470 000 hectares, Rewilding fait le choix d’adopter différentes mesures telles que la protection et renaturation des forêts pour augmenter leur résilience face au changement climatique, ou encore le mise en place de dispositifs favorisant la coexistance de la faune sauvage.
Parmi les différents processus, la Fondation Sidas World a fait le choix de se concentrer la renaturation des rivières, et la restauration du pâturage naturel.
Renaturer les rivières
Dans les Alpes du Dauphiné, le réseau hydrologique se distingue par une forte présence de rivières en tresses. Ces milieux, riches et dynamiques, jouent un rôle essentiel dans le maintien de la biodiversité et dans l’équilibre des écosystèmes.
Cependant, leur fonctionnement naturel est aujourd’hui perturbé. L’extraction excessive de sédiments, pratiquée jusqu’aux années 1990, a appauvri les rivières en matériaux essentiels comme les graviers et le sable. Parallèlement, la reforestation des bassins versants et la construction de barrages ont réduit l’érosion et limité l’apport naturel de ces sédiments en aval. Privées de ces ressources, les rivières ont tendance à s’enfoncer dans leur lit, ce qui altère profondément leurs dynamiques naturelles.
Face à ce constat, l’objectif est de rétablir les flux sédimentaires afin de permettre aux rivières de retrouver leur fonctionnement naturel : érosion, transport et dépôt des matériaux, mais aussi débordements ponctuels. Ces processus sont indispensables à la régénération des habitats et au bon fonctionnement des écosystèmes. Pour répondre à cet objectif, les interventions comprendront le démantèlement de barrages et digues obsolètes, la modification de seuils, la restauration des berges, la réactivation des lits de graviers, etc.
C’est d’ailleurs dans cette dynamique que retour des castors et des loutres sera favorisé, tout en améliorant leur coexistence avec les humains.
Restaurer le pâturage naturel
La restauration des milieux ouverts et la régénération des forêts reposent en partie sur le retour du pâturage naturel. Pourtant, un obstacle majeur subsiste : l’absence d’un groupe diversifié de grands herbivores en liberté. Si certaines espèces comme les chamois, bouquetins, cerfs ou sangliers sont bien présentes, les plus grands herbivores sauvages manquent encore dans de nombreuses zones.
Pour répondre à cet enjeu, le développement de troupeaux de chevaux et de bovins dédomestiqués apparaît comme une solution pertinente, notamment dans les territoires où le pastoralisme recule. Ces espaces, souvent difficiles d’accès et de moins en moins exploités, sont aussi parmi les plus exposés aux incendies. En y réintroduisant un pâturage naturel, ces herbivores contribuent à limiter la végétation inflammable.
Au-delà de la réduction du risque d’incendie, les grands herbivores ont un rôle central dans la régénération des écosystèmes. En effet, ils favorisent la dispersion des graines et leur fertilisation via leurs déjections, soutiennent une mosaïque d’habitats différents (des espaces de forêt moins denses, clairières…), et contribuent à la régénération des plantes. Des troupeaux seront donc déployés sur le long terme.